Introduction

Je m’appelle Evan.

Si vous êtes d’accord je vais vous raconter mon histoire.

Dans ce monde contemporain, je suis Artiste et Musicien.
Enfin c’est ce que je suis au fond de moi et dans mes rêves car dans la vie réelle je suis jeune employé de bureau fraîchement diplômé en administration.

Du coup quand je dis aux gens que je suis Artiste, les gens me posent tous quasiment la même question : « Et tu en vis ? » (traduction : « Est-ce que c’est ton vrai métier ? »).
Et là, à chaque fois que j’entends cette question, c’est à dire quasiment tous les jours, c’est comme une réalité que l’on me placarde en pleine face et qui vient gâcher la vue sur tous mes espoirs.
« Non » je réponds… « Mais je vais y arriver, c’est ça que je veux faire et pas autre chose » et encore j’ai lissé ma réponse car en vérité, je me demande comment je fais pour terminer mes journées actuellement.

Là me revient alors, en boucle, la voix de ma mère qui répète inlassablement que ce pourquoi je me bats tous les jours tout en subissant ce job pourri que je n’ai pas choisi, eh bien « ce n’est pas un métier », que je dois « penser à ma situation », à mon avenir, que « ça ne ramène pas le steack » (true story, une expression comme ça ne s’invente pas n’est ce pas ? )

De toutes façons, ma mère n’aime ni mes rêves, ni ma coupe de cheveux, ni mes fringues et encore moins mes tatouages. La seule chose qu’elle aime je pense doit être ce beau diplôme que j’ai empoché pour lui faire plaisir parce qu’à l’époque je n’ai pas eu le cran de partir pour me réaliser et refuser qu’ils ne croient pas en ma vocation .

Enfermé dans une chambre, j’écris, j’enregistre des morceaux sur un petit PC de pacotille, je les chante pas trop fort pour pas que mes parents entendent que je passe le plus clair de mon temps libre à travailler pour espérer une autre vie.

Le soir et le week-end, je deviens un héros rebelle de la nuit, en pratiquant cet interdit : je joue dans les bars, je chante pour des potes, je bois des bières, certaines filles me trouvent même beau parfois, moi qui pensais être alors jusqu’à aujourd’hui inexistant et transparent.

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais voulu être célèbre mais reconnu pour ce que j’étais, pour ce métier que je voulais pratiquer. Au final me voilà malgré moi, mini star de ma petite ville natale, pour beaucoup de gens dont les rêves se limitent à l’achat d’une prochaine maison, je suis un smicard errant qui se prend pour une étoile quand il a un peu trop bu.

J’ai beaucoup de potes mais pas beaucoup d’amis, et dès que j’en ai, je détruis toute forme de relation positive et constructive autour de moi, comme si je ne méritais pas que l’on s’intéresse à ce « moi » d’aujourd’hui qui n’est pas sous la bonne forme, qui est un déguisement, que je ne supporte pas d’offrir aux autres .

Bref je suis insupportable, un mauvais garçon qu’on aime détester et que je déteste secrètement face au miroir quand je rentre ivre après mes soirées souterraines.

Ma vie se résume actuellement à avoir l’impression de vivre à travers des troupeaux de « Joysuckers », toutes ces personnes se ressemblent tellement… J’ai l’impression qu’elles portent toutes le même masque de la conformité, dénuées d’émotions, rassemblées en nombre dans un unique but de te faire rentrer dans le moule de la médiocrité et de la tristesse, de briser toute forme de rêve que tu peux avoir, au point que plus rien ne t’anime.

Ce sont mes ennemis numéro un mais, à la limite, eux ne sont pas les plus dangereux car repérables facilement …

Dans mes amis se cachent bien souvent des gens toxiques, vous savez tous ces manipulateurs narcissiques qui se la font belle devant vous et manigancent pour essayer de vous détruire au final… Ces serpents sont les pires car on ne voit pas venir la morsure qui est très souvent douloureuse.

Ah oui, de temps en temps j’ai aussi une petite amie qui m’aime, enfin… elle aime beaucoup de monde en fait, elle part, elle revient, mais même si ça me fait souffrir au fond, j’accepte les choses comme ça. Quand l’alcool fait son effet et que nous sommes en pleine étreinte, j’en viendrais même à penser qu’elle m’aime vraiment, que je suis son seul et unique .

Ma petite garce amoureuse… Je ne sais pas pourquoi je suis encore avec alors qu’elle joue avec moi en permanence et en plus de ça, je ne suis pas vraiment en capacité d’aimer quelqu’un correctement.
C’est vrai ça, quand on ne s’aime pas un minimum soi même, comment donner autant d’amour à quelqu’un ? Ça va dans le mur, forcément.

Alors maintenant que vous savez à peu près qui je suis, j’ai envie de partager avec vous ces chapitres de ma vie à travers ce journal.

Vous trouverez souvent que j’exagère, je vous dirai que je minimise la réalité. Vous me trouverez parfois parano, je vous dirai que je suis extra-lucide. Vous vous demanderez si j’ai imaginé toutes ces histoires et ces chapitres, je vous souhaiterai la bienvenue dans un monde que j’ai crée spécialement pour moi, pour vous, comme si c’était le dernier dans lequel je pourrai vivre.

EVAN

 


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